Le roi nu

Chroniques d'actualité, avec des attributs royaux qui pendouillent.

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La méga-bassine

L’hiver, la méga-bassine se remplit d’orgueil et de corruption. Sangsue de la terre, elle suce la sueur, les larmes et l’amour des hominidés ; elle pompe la luxuriance et la postérité du reste. De tout le reste. De la totalité du reste. De l’absolue totalité du reste. L’hiver, la méga-bassine matraque tout ce qui bouge et pompe tout ce qui passe à sa portée.

L’été, la méga-bassine dilapide l’héritage universel et se vide de sa bile aseptique pour assouvir son dessein désertique. Obstinément, savamment, consciencieusement, elle recouvre de cendres grises l’avenir et le passé du jardin d’Éden. Psychopathe, elle lapide, lacère, éventre, éviscère, dépiaute, assèche, pille, estropie. Estropie trop.

Des gens sont venus, bariolés, bruyants, assoiffés, déterminés. Ils ont pété les grilles de la méga-bassine, pété les pompes à fric, pété les cordons de CRS, les cordons de la bourse ; ils ont dansé dans le vent de la saison inconnue, bu jusqu’à l’aube des temps nouveaux, planté les étendards de la sagesse, de la joie et de la générosité dans nos trois mornes plaines de la sécurité, de l’opulence et de la morosité.