Alors je te le dis, ami,
la main sur l’épaule :
Allons, courage, résistons.
Allons courage, bâtissons.
Allons courage, chérissons
la vie
l’amour
le vent
le sel
les cœurs qui battent
sous la peau
les poils
les plumes
les coquilles, les écailles ;
depuis la nuit des temps,
notre condition est la même.
Malgré les artefacts du crédit de la modernité,
ne nous en déplaise prétentieux.
Et pourquoi cela ne suffirait-il pas ?
Par les temps qui courent,
si tu souris, tu résistes,
si tu danses, tu es dissident,
si tu paresses au soleil, tu es ennemi de la nation,
si tu ouvres tes bras,
tu seras le dernier Homme,
et c’est un beau défi ;
pas pire que ceux de nos ancêtres
serfs
chasseurs
esclaves
mineurs ;
pas pire que nos contemporains lointains,
à l’espérance de vie d’un tiers.
Et tu seras peut-être
le premier Homme,
et c’est un beau défi.

