Le roi nu

Chroniques d'actualité, avec des attributs royaux qui pendouillent.

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Oraison funèbre de Rémi

Ainsi donc, bientôt trois ans que ta vie nous a été amputée. Toi tu t’en fous sans doute, à l’heure qu’il est. Le firmament, que tu avais perdu dans l’arbre de ta connaissance : L’as-tu retrouvé ? Et nous, fratrie cul-de-jatte, jadis carrée, maintenant hagarde, nous fouillons la manche à air du membre innervé pourtant disparu.

Tes talents bien cachés sont toujours brillants dans nos yeux d’initiés. Tes croquis essentiels, tes pattes de mouches d’anecdotes à propos, aux descriptions hilarantes. Le vieux verger t’a attendu, puis sombré ; se remet-on d’être par deux fois abandonné ? Les vélos déglingués hantent les grilles de la ville, épaves d’âmes en peine d’un monde révolu.

Nous errons nous-même dans nos corps indivis, vaguement mus d’une mémoire éparpillée. Tu demeures, au détour d’un chemin noir, au coin d’une table de retrouvailles, dans une fulgurance d’esprit devenue rare. Nous demeurons aussi ; hébétés.